Histoire des îles St Pierre et Miquelon

2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

Histoire des îles St Pierre et Miquelon - 2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

1556 – Gian Battista Ramusio

« Entre le cap de Ras et le cap Breton habitent des peuples sauvages et féroces avec lesquels on ne peut établir aucune liaison ; ils sont d’une haute stature, et leur habillement se compose de peaux ed louprs marins et d’autres animaux sauvages, liées ensemble. Leur figure est sillonée par des raies qui semblent faites au moyen du feu et bariolée de couleurs tirant vers le sombre. Ils ont beaucoup de rapport, en ce qui touche les ajustements du col et du visage, avec les habitants de côtes de Barbarie ; ils laissent grandeir leur cheveux comme ceux des femmes, et les nouent sur la tête à peu près comme on nous, en Europe, les queues de chevaux. Ils sont armés d’arcs, dont ils se servent fort adroitement. Leurs flèches ont, au lieu de fer, une pierre noir ou des os de poissons. Leurs campagnes abondent en cerfs et en daims ; ils ont beaucoup d’oiseaux, parmi lesquels on remarquer les oies et les margaix ; la pêcherie de la côte est excellente. Les Français et les Bretons y pêchent la morue que les naturels dédaignent. Sur la côte septentrionale et à moitié chemin, depuis le cap Ras jusqu’à l’entrée des Chateaux, on compte des golfes spacieux, de grands fleuves et un nombre considérable d’îles très grandes ; cette partie est moins habitée que la première, mais les naturels, plus petits de taille, y sont aussi plus humains et plus traitables. On y pêche aussi abondamment la morue. On n’a pu remarquer sur cette côte, comme sur l’autre, ni maisons de campagne, ni château, ni bâtiment quelconque, si ce n’est une grandde serre en bois aperçue dans le golfe des Chateaux. Les habitations de ces peuples se composent d’écorces d’arbres dont ils forment des huttes pour s’abriter pendant la saison de pêche, qui commence au printemps et dure tout l’été.

De la pêche des sauvages.

Elle consiste en loups marins, marsouins et certains oiseaux de mer appelés margaix, qu’ils attrappent des les îles, dont ils font sécher la chair ; la graisse leur sert à faire de l’huile ; à l’approche de l’hiver, ils s’embarquent avec leur provisions dans des canots faits avec d’écorces d’arbres et appelé buils, et s’en vont chercher des climats, probablement plus chauds que nous ne connaissons pas.

De ceux qui ont découverte Terre-Neuve.

La partie de cette terre, qui s’étend du levant au couchant, a été découverte, il y a trente-cinq ans, par les Bretons et les Normands. C’est de là que vient la dénomination de cap Breton.

La découverte de la partie qui s’étend du septentrion au midi, depuis le cap de Ras jusqu’au cap de Buena-Vista, et qui embrasse un espace d’environ soixante-dix lieures, est due aux navigateurs portuguais. Le reste a été découvert par les Bretons et les Normands. Il y a environ trente-trois ans qu’un navire de Honfleur, commandé par le capitaine Denis, et ayant pour pilote Gamart de Rouen, y aborda le premier. Depuis, en l’année 1508, un navire de Dieppe, et commandé par maître Thomas Aubert, y aborda également. Ce fut le premier qui conduisit dans ces parages les navigateur dieppois. »

Navigazioni e Viagi de Gian Battista Ramusio. – 1556

Catégorie : GrandColombier
  • Marc Cormier a dit :

    Giovanni Battista Ramusio (1485-1557) est un géographe italien. Né à Venise, il remplit diverses missions politiques en France, en Suisse, à Rome, puis est secrétaire du Conseil des Dix à Venise.

    Il reste de lui un recueil de navigations et voyages intitulé Delle Navigationi et Viaggi, en 3 volumes in-folio, Venise (1550), souvent réimprimé et traduit en partie dans sa Description de l’Afrique de J. Temporal, Lyon (1566).

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Giovanni_Battista_Ramusio

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