Histoire des îles St Pierre et Miquelon

2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

Histoire des îles St Pierre et Miquelon - 2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

179x – François René de Chateaubriand – Voyage en Amerique

« Des Açores, poussés par les vents sur le banc de Terre-Neuve, nous fûmes obligés de faire une seconde relâche à l’ile Saint-Pierre. « T. et moi, dis-je encore dans l’Essai historique, nous allions courir dans les montagnes de cette île affreuse; nous nous perdions au milieu des nuages et des bouffées de vent, entendant les mugissements d’une mer que nous ne pouvions découvrir, égarés sur une bruyère laineuse et morte, et au bord d’un torrent rougeâtre qui rouloit entre les rochers. »

Les vallées sont semées, dans différentes parties, de cette espèce de pin dont les jeunes pousses servent à faire une bière amère. L’ile est environnée de plusieurs écueils, entre lesquels on remarque celui du colombier, ainsi nommé parce que les oiseaux de mer y font leur nid. J’en ai donné la description dans le Génie du Christianisme.

L’île Saint-Pierre n’est séparée de celle de Terre-Neuve que par un détroit assez dangereux; de ces côtes désolées on découvre les rivages encore plus désolés de Terre-Neuve. En été les grèves de ces îles sont couvertes de poissons qui sèchent au soleil, et en hiver, d’ours blancs qui se nourrissent des débris oubliés par les pêcheurs.

Lorsque j’abordai à Saint-Pierre, la capitale de l’île consistoit, autant qu’il m’en souvient, dans une assez longue rue, bâtie le long de la mer. Les habitants, fort hospitaliers, s’empressèrent de nous offrir leur table et leur maison. Le gouverneur logeoit à l’extrémité de la ville. Je dînai deux ou trois fois chez lui. Il cultivoit dans un des fossés du fort quelques légumes d’Europe. Je me souviens qu’après le dîner il me montroit son jardin; nous allions ensuite nous assior au pied du mât du pavillon planté sur la forteresse. Le drapeau françois flottoit sur notre tête, tandis que nous regardions une mer sauvage et les côtes sombres de l’île de Terre-Neuve, en parlant de la patrie. Après une relâche de quinze jours, nous quittâmes l’île Saint-Pierre…. »

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