Histoire des îles St Pierre et Miquelon

2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

Histoire des îles St Pierre et Miquelon - 2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

1859 – L’affaire de la goélette Emilie

Le 15 septembre 1859, à peine quelques jours après l’embarrassante affaire des 3000 morues, voilà de nouveau le Consul américain obligé de faire parvenir auprès des autorités du département d’état à Washington une nouvelle plainte contre les agissements des pêcheurs américains à l’égard des pêcheurs français.

Or cette fois, les Français auront gain de cause, la justice américaine aidant. La seule lecture de leur rapport étant suffisante pour convaincre les autorités tant américaines et françaises. Il est clair, que les agissements, même s’ils restent difficiles à prouver sur le plan légal, ont provoqué une réaction du Consulat américain et l’ont incité à demander au gouvernement américain de rappeler aux pêcheurs de la Nouvelle-Angleterre de respecter les droits d’autrui.

Le tout s’est déroulé entre le 19 et le 20 août sur le Banquereau : « … en vue de plusieurs navires français et quelques goëlettes américaines, j’envoyai mes deux chaloupes tendre mes lignes au large, en ayant soin de donner une distance convenable pour ne pas que ces lignes furent prises dans le câble de ces goëlettes. Ce jour n’a rien amené de remarquable; mais le lendemain, le nombre des goëlettes ayant augmenté par la cause bien juste qu’il y avait beaucoup de poisson; le 20 août, à 2 heures du matin, je fis partir mes chaloupes du bord pour tendre mes lignes, avec l’ordre que sitôt que le point du jour viendrait, de commencer à les haler; mais toutes ces goëlettes étant armés de sept ou huit warys chacune, expédièrent la plupart leurs embarcations, en coupant toutes les bouées qu’ils trouvèrent et enlevèrent toutes les lignes qu’il purent voler, étant armés dans leurs warys, de baïonettes emmanchées au bout d’un bois, et quelques (illisible) deux ou trois warys que je vis porteurs d’un fusil. Ne pouvaient opposer aucune résistance à une aussi grande force, je fis de suite armer une chaloupe et je fis prendre le nom de la goëlette DAYSPRING, du port de Chatham, et la goëlette EMELINERUSSEL, de Marbrehear (?) porteurs de quatre ou cinq bouées qu’ils avaient coupées, tous à moi qu’aux navires qui m’environnaient, et dont la perte, ce jour, s’évaluait bien à cent-cinquante pièces de lignes coupées et volées, dont moi j’en perdis soixante-dix. Je crois aussi devoir vous faire connaître que ce même jour, ils sont venus me couper mes lignes sur le bout de l’embarcation en les hâlant. C’est à ma connaissance et à celle des capitaines et patrons dont les signatures vont figurer, que depuis le commencement de la pêche en 1859, des vols de cette nature ont été commis presque toute l’année. Il est à craindre que si l’on n’exerce une surveillance de la pêche sur ce banc, il en advienne des rixes entre nos matelots et ces étrangers.

Tels sont les faits, Monsieur le Commissaire, que je crois de mon devoir de porter à votre connaissance, en vous priant de vouloir bien provoquer de qui de droit la mesure qui vous paraîtra convenable

Nous avons l’honneur d’être, avec un profond respect, vos très humbles et très obéissants serviteurs.

Le patron de la goëlette l’Emilie, signé Durieux.

Capitaine de Gustave, de Bayonne, signé Uberua

Le patron de la goëlette Etoile Polaire, signé D Mouton

Le patron de la goëlette le Lion, signé Gautier Alphonse

Capitaine du Brick Passager de Granville, signé P Alard.

Hippolyte Marie, signé capitaine C Gervy

Pour copie conforme Le commissaire»

Le 5 octobre suivant, le Consul américain, George Hughes fit parvenir à l’Ordonnateur une réponse indiquant que la justice américaine ferait le suivi nécessaire si les accusations portées pouvaient être prouvées.

Cette affaire n’a pas fait l’objet d’autres communications dans les archives du Consulat américain, cependant n’ayant enregistré de plaintes officielles avant 1862, il se peut que la tension entre les pêcheurs français et américains ait descendu d’un cran. Les plaintes officieuses par contre, continuèrent (dépêche du 30 juillet 1862…)

Source :  Despatches From U.S. Consuls in St. Pierre and Miquelon, 1850-1906. T487, RG059

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