Histoire des îles St Pierre et Miquelon

2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

Histoire des îles St Pierre et Miquelon - 2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

1987 à 1989 – La guerre de la morue – Conflit Franco-Canadien

Octobre 1987 – Rupture du dialogue entre la France et le Canada sur la délimitation de la zone territoriale autour des îles Saint-Pierre et Miquelon et les quotas de pêche attribués à la France.

Février 1988 – Grève de la faim de neuf jours (11 jours) par le député Gérard Grignon et le sénateur Albert Pen de Saint-Pierre et Miquelon à Ottawa afin de protester l’intransigeance canadienne. Grève interrompue après la rencontre de Chirac et Mulroney.

2-3 mars – Réunion de l’OTAN – Avertissement de Jacques Chirac à Brian Mulroney en marge du sommet à Bruxelles sur le risque de voir se développer une crise entre les deux pays.

17 et 18 mars 1988 – Nouvelle rencontre des négociateurs Français et Canadiens à Londres afin de débloquer le contentieux sur la pêche entre les deux pays. Le contentieux porte sur la délimitation des eaux territoriales et les quotas de pêche que pourront capturer les pêcheurs de Saint-Pierre et Miquelon et de France.

Avril 1988 – Nouvelles rencontres entre diplomates Français et Canadiens. La France débloque de subventions pour la construction de trois nouveaux bateaux de pêche de moins de 50 m, dont deux armés par Interpêche et un armé par la SNPL bordelaise.

15 avril 1988 – L’opération de pêche du Croix de Lorraine. Ce navire, donné aux îles Saint-Pierre et Miquelon par le président Charles de Gaulle, est parti mener une pêche ‘illégale’ dans les eaux canadiennes afin de protester l’intransigeance canadienne. Les quatre principaux élus de l’archipel se trouvaient à bord et furent incarcérés à Saint-Jean-de-Terre-Neuve avec le reste de l’équipage. Le gouvernement français à vivement protesté auprès des autorités canadiennes la détention des Saint-Pierrais et Miquelonnais.

Au Canada, le ministre Clark tente de minimiser le conflit alors que le chef d’un parti d’opposition, le NDP, Nelson Riis indique que la situation est « une provocation internationale » et que le Canada devrait reconsidérer la commande de 10 à 12 sous-marins nucléaires à la France. Le ministre canadien, John Crosbie, soutient pour sa part que l’affaire du Croix de Lorraine à pour but d’influencer la prochaine élection présidentielle française qui verra s’opposer Jacques Chirace et François Mitterrand. Le Premier-ministre Mulroney pour sa part indique qu’une solution amicale sera recherchée mais que toute violation du territoire canadien sera réprimandée.

18 avril 1988 – La tension monte entre Ottawa et Paris. L’ambassadeur de France, Philippe Husson, est rappelé à Paris et une cellule de crise s’installe à Matignon. La tension est montée suite à la détention sans précédent de quatre élus de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon qui se trouvaient à bord du navire Croix de Lorraine. Le président de la république, François Mitterrand, a jugé inacceptable le refus canadien d’accepter un arbitrage international comme le réclame la France autour du contentieux entre les deux pays.

19 avril 1988 – Libération des 17 pêcheurs et des quatre élus de Saint-Pierre et Miquelon sous caution. Leur procès aura lieu en octobre 1988.

20 avril 1988 – Lucien Bouchard, ambassadeur du Canada à Paris est nommé ministre du gouvernement Mulroney. Avant de quitter Paris, il rencontre le président François Mitterrand qui lui fait part de ses vives protestations pour « l’inamicale et inacceptable situation faite aux pêcheurs de Saint-Pierre, de Saint-Malo et de Bordeaux, contrairement aux droits et aux conventions passées entre les deux pays ».

Le ministre des affaires étrangères du Canada, Joe Clark, a vivement protesté les contrôles extraordinaires auxquels furent soumis les passagers canadiens quittant Paris. Louise Beaudouin, ancien délégué du Québec à Paris, a accusé la France de prendre des Canadiens en otage.

24 avril 1988
1er tour de l’élection présidentielle française

Résultats à Saint-Pierre et Miquelon

  • Jacques Chirac 751 – 34,9 %
  • François Mitterrand 693 – 32,2 %
  • Raymond Barre 304 – 14,1 %
  • Antoine Waechter 181
  • Jean-Marie Le Pen 106
  • Arlette Laguiller 60

8 mai 1988
2e tour de l’élection présidentielle française

Résultats à Saint-Pierre et Miquelon

  • Jacques Chirac 1665 – 56,21 %
  • François Mitterrand 1297 – 43,78 %
  • François Mitterrand est élu président de la République le 8 mai 1988.

11 mai 1988 – Dans des confidences faites au Canard Enchaîné, François Mitterrand fustige l’attitude de son ancien Premier-ministre Jacques Chirac dans l’éclatement de la crise entre la France et le Canada : « On déclare la guerre à la Nouvelle-Zélande et je ne suis même pas au courant ! On déclare la guerre au Canada et je ne suis même pas au courant ! On va peut-être déclarer la guerre la guerre à la Prusse sans mettre au courant le président de la République ! »

Novembre 1988 – La France et le Canada se mettent d’accord pour désigner Enrique V Iglesias, ancien ministre des affaires étrangères de l’Uruguay comme médiateur chargé de dénouer le conflit sur la pêche.

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