Histoire des îles St Pierre et Miquelon

2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

Histoire des îles St Pierre et Miquelon - 2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

L’archipel fut-il hypothéqué pendant l’époque de la France Libre ?

C’est par un pur hasard, comme il en existe tant avec l’Internet, que j’ai rencontré mon interlocuteur X au milieu des années 90. Nous étions tous deux les participants d’une discussion en direct ou « chat » et mon surnom comme toujours était « Miquelon ».

Monsieur X, dont je ne peux révéler l’identité car elle me fut toujours cachée, m’a déclaré sans hésitation, que ses parents étaient autrefois propriétaires des îles Saint-Pierre et Miquelon. Cette affirmation avait immédiatement suscité ma  curiosité et mon scepticisme. Le fil de la conversation – dont la transcription exacte fut malheureusement perdue dans les arcanes de l’Internet fluide – se déroula a peu près comme ceci en anglais.

Ayant reconnu nom surnom, Monsieur X m’a dit :

  • Je vois que ton surnom est « Miquelon ». C’est curieux, quand j’étais enfant, j’avais deux chiens. L’un se nommait « Miquelon » et l’autre « Saint-Pierre ».
  • Ah bon ? Tu connais nos îles ?
  • Oui certainement, mes parents en étaient autrefois les propriétaires.
  • Ah bon ? C’est impossible, les îles ont toujours été françaises …
  • Si tu connais bien ton histoire, tu sauras qu’à une certaine époque, elles furent utilisées comme garantie pour l’effort de guerre pendant la seconde guerre mondiale.
  • Je n’ai jamais entendu de telles choses auparavant, peux-tu m’en dire plus. Veux-tu parler des stocks d’or français de Vichy à Washington ?
  • Non pas Vichy.
  • Peux-tu m’en dire plus.
  • Pas vraiment, il y a risque de « kidnapping ». Je suis protégé [par le FBI]. Ma famille est originaire de Louisiane, le pirate Jean Lafitte serait un de mes ancêtres, j’ai même une grand-mère d’origine juive qui quitta l’Espagne lors de l’inquisition. Mais je ne peux en dire plus.

Cette conversation m’a intrigué pendant douze ans et ceux qui me connaissent bien savent que j’ai souvent évoqué cette curieuse histoire.

Notons que la dernière affirmation de Monsieur X, sur les liens supposés entre Jean Lafitte et les juifs Sépharades semble avoir été cueilli dans un livre signé par Edward Kritzler et qui a été depuis discrédité. D’autre part le rédacteur en chef du Louisiana Genealogical Register affirme qu’il reçoit plus d’un article par an tentant de démontrer qu’il existerait aujourd’hui une descendance des frères Lafitte mais que d’aucuns apportent des preuves tangibles. S’agit-il donc d’un pure fantasme de l’esprit, d’une rodomontade ou d’un délire de fanfaron ? Des « Buck Danny » diront d’autres.

Lors de mon déplacement aux archives de Londres en 1997 j’avais pu obtenir quelques rapports de réunion entre Winston Churchill et le général De Gaulle et je les avais épluchés à la recherche de la moindre bribe d’information permettant d’infirmer ou de confirmer les dires de Monsieur X.

Rien. Sauf peut-être les éléments périphériques suivants, certes insuffisants :

  1. Un télégramme « personnel et secret » de Winston Churchill au président Roosevelt ou l’on apprend que le général de Gaulle voulait faire accepter des clauses secrètes à la déclaration commune de Londres, Ottawa et Washington suivant le fait accompli de la libération des îles.
  2. La conclusion d’un télégramme du général de Gaulle à l’amiral Muselier, daté du 24 janvier 1942 : « Au point de vue de la subvention budgétaire, nous prenons ici des dispositions pour que cette subvention soit créditée par nous à Savary de manière à nous passer de tout secours étranger » .
  3. Le fait que peu d’écrits existent sur les financements de la France Libre à l’exception d’un court article par Jacques Bauche.
  4. Que les archives de l’amiral Muselier furent saisies à sa mort par des services inconnus.

Est-ce que, parmi les donateurs des Comités français libres de l’étranger, certains ont obtenu des gages secrets ? Tant que d’autres éléments ne viendront appuyer les affirmations de Monsieur X, l’affaire reste à classer « sans suite ».

Éléments techniques :

  1. Monsieur X utilisait un service Internet dénommé sirius.com, basé à San Francisco. Ce domaine fut par la suite racheté par le service de radio par satellite bien connu aujourd’hui.
  2. Nous étions tous deux branchés au réseau ircii, Dalnet ou Efnet.
  • b.germe a dit :

    comme c’est intéressant d’imaginer les îles appartenant à un descendant de pirate installé en Louisiane ! on se demande par ailleurs si la Louisiane ne serait pas un meilleur mentor au développement de l’archipel qu’un état français à la mémoire courte et dont la volonté à faire exister le caillou reste à démontrer.
    Que nenni qu’une Bettancourt n’ait choisi l’archipel plutôt qu’une destination soleil pour y faire dorer la pilule de ses euros.Monsieur x devenant Mme B peut-être un nouveau Barbarossa caché aura-t-il eu en gage quelques îles perdues dans l’atlantique dont la paternité n’est pas revendiquée sauf à coup de cabestan.
    Le drapeau tricolore ayant du mal à flotter par peur de faire des turbulences à la feuille d’érable on pourrait enfin changer de pavillon.

  • Marc Cormier a dit :

    Soit cette histoire n’est que balivernes, ou bien le financement de la France Libre fut réalisé grâce à une série d’hypothèques secrètes sur tous les territoires libérés auprès de fortunes françaises exilées.

    Enfin, si cette histoire faire rêver, c’est déjà ça de réussi !

  • Marc Cormier a dit :

    Quant à a Louisiane, il y existe beaucoup de descendants de royalistes et bonapartistes exilés. D’ailleurs, St Martinville était autrefois surnommée le petit Paris. Ces fortunes sont-elle toujours planquées quelque part dans les Bayous ?

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