Histoire des îles St Pierre et Miquelon

2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

Histoire des îles St Pierre et Miquelon - 2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

1911 – Etablissement des Récollets en l’île de Terre-Neuve.

Etablissement des Récollets de la province de Saint-Denis à Plaisance en l’île de Terre-Neuve. 1689
Par Hugolin, 1911

Outre Plaisance, il y avait alors huit autres établissements français sur la côte ; le recensement de Terre-Neuve de 1691 les énumère avec le chiffre de leur population respective; ce sont: Pointe-Verte, Petit Plaisance, Iles Saint-Pierre, Lissardie, Baie de Fortune, Grand Banc, Havre Bertrand, l’Hermitage. La population totale en tout et partout n’était en 1691 que de 48 hommes, 27 femmes et 75 enfants, y compris Plaisance; ce dernier endroit à lui seul comptait en 1691, 17 hommes, 14 femmes, 55 enfants 4; la garnison n’est pas comprise dans ces chiffres.

lissardie

Y avait-il un missionnaire à Plaisance avant l’établissement des Récollets en 1689 ? 11 y avait sûrement un aumônier pour le fort, il semble qu’il y eût aussi, du moins depuis un an, un prêtre pour le service des habitants. […]

Comme je livrais au directeur de la Nouvelle-France le manuscrit de cette étude, il m’apprit que d’après des notes sur les Missions des Pères du Saint-Esprit au Canada, à lui communiquées par le E. P. A. David, C. S. Sp., de Détroit, les Eécollets auraient eu la mission des Iles Saint-Pierre dès l’année 1685. Grand fut mon émoi. Je m’empressai d’écrire sur ce sujet au E. P. David, qui me répondit avec la plus grande obligeance. Voici sa lettre en date du 16 octobre avec le document qui l’accompagne :

J’ai dit un mot, en effet, des Récollets, dans mes notes remises à M. Lindsay, mais je ne possède aucun document relatif à cette question.

Quant à la date de 1685, je l’ai tirée des notes manuscrites du R. P. Jérôme Schwindenhammer, conservées à Paris, aux archives du Séminaire du Saint-Esprit.

Le regretté Père Jérôme, décédé en 1899, était un annaliste patient et érudit. Il a consacré vingt ans à ses laborieuses recherches historiques concernant la Congrégation du Saint-Esprit et ses missions. Son travail forme un véritable monument d’au moins 30 volumes grand in-octavo de 500 pages, riche des plus curieux documents, avec les témoignages les plus irrécusables, les lettres des missionnaires eux-mêmes, et les archives du Ministère de la Marine et de notre Congrégation.

Malheureusement, comme nombre d’écrivains, l’auteur n’a pas toujours indiqué ses sources ; et c’est précisément le cas pour la question qui vous intéresse. Où le Père Jérôme a-t-il trouvé cette date ? Je l’ignore.

Ne pouvant donc mieux faire, et cela à mon grand regret, je dois me contenter de vous faire parvenir une copie du passage où il parle de la Mission des Récollets à Terre-Neuve et aux Iles Saint-Pierre et Miquelon.

On ne saurait être plus complaisant. Voici maintenant le passage du Père Jérôme :

Pour ce qui regarde les Iles de Saint-Pierre et Miquelon, elles eurent d’abord, comme Terre-Neuve, des prêtres séculiers ; mais l’évêque de Québec, ayant eu des raisons pour n’être pas content d’eux, les renvoya en France, vers 1685, et les remplaça par des Récollets.

En 1687, il y avait dans cette colonie, 7 églises : une au fort de Plaisance, (Terre-Neuve) ; une seconde dans la ville même de Plaisance ; une troisième à la Pointe-Verte ; une quatrième au Petit-Plaisance ; une cinquième à Sainte-Marie (Terre-Neuve) ; une sixième à Saint-Pierre, et la septième à Miquelon.

Vers 1700, ces missionnaires, ayant eu des démêlés avec l’administration, quittèrent cette colonie, pour retourner à Québec. Comme les appointements n’étaient alors que de 150 à 300 livres, il était impossible de trouver des prêtres séculiers pour le service si pénible de ces stations religieuses. On eut donc recours aux Récollets de la Province de Bretagne. En 1701, ils vinrent au nombre de trois, reprendre les travaux abandonnés par leurs con-
frères de Québec.

Le Père Antoine fixa sa résidence à Saint-Pierre et fut chargé du soin des habitants de Samt-Pierre et de ceux de Miquelon. L’un de ces Récollets recevait de l’évêque de Québec les pouvoirs de Vicaire-Général.

Combien je regrette l’absence de références aux sources où l’annaliste a puisé ses renseignements ! Dans la mesure où cette lacune permet qu’on y arrête son attention, ce passage du E. Père est tout à fait suggestif de faits nouveaux.

Ainsi, vers 1685, l’évêque de Québec aurait confié aux Récollets les Iles Saint-Pierre. Il ne peut s’agir que de M 81 de Saint-Vallier, et cet acte serait de sa part très plausible. On sait, en effet, que lors de son premier voyage au Canada, en 1685, il voulut se rendre agréable aux religieux, aux Eécollets particulièrement, en vue de la politique nouvelle qu’il allait adopter pour le service des paroisses et des missions ; il lui fallait s’appuyer sur les corps religieux. Mais supposée la dévolution des Iles Saint-Pierre aux Récollets vers 1685, il reste au moins douteux qu’ils s’y soient établis si tôt.

Le R. P. Jérôme écrit qu’il y avait en 1687, dans la colonie de Terre-Neuve -y compris les îles Saint-Pierre,—sept églises. L’assertion a certes une portée considérable, et elle n’est pas dépourvue de quelque plausibilité.

Si l’on veut bien se rapporter à la teneur de 1′ « Ordre du Roy », cité en note au début de cette étude, par lequel Sa Majesté ordonne en 1688 le passage d’ecclésiastiques à Terre-Neuve, on remarquera que l’évêque les y envoie pour le service des cures de la dite lie.

En outre, dans ses lettres-patentes, accordant la paroisse et le fort de Plaisance aux Récollets, en 1689, M 21 de Saint-Valier est très explicite : il leur confie ces postes, sans aucune mention du service des autres lieux de l’Ile, où il y avait pourtant des habitants à desservir.

Ce fait est réellement curieux. Il ne faudrait toutefois pas se hâter de conclure à l’existence dans l’Ile de Terre-Neuve, en 1687, d’églises avec des missionnaires résidents. L’état de la population établie par le recensement de 1691—en 1687 la situation devait être sensiblement, pour ne pas dire exactement la même — enlève à cette conclusion, semble-t-il, toute probabilité.

Si nous tenons compte que ces endroits étaient des stations de pêche où, du printemps à l’automne, la population se grossissait de quelques centaines de pêcheurs, il n’est pas improbable qu’il y eût alors quelques prêtres pour le service de ce monde. Etaient-ce des aumôniers venus avec les navires et retournant en France avec eux ? Oui, sans doute. Mais, dans cette hypothèse même, des églises—des chapelles plutôt—auraient eu leur raison d’être, non pour les gens résidents, mais pour les pêcheurs.

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