Histoire des îles St Pierre et Miquelon

2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

Histoire des îles St Pierre et Miquelon - 2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

1915 – La Croix – La Presse et nos Contingents

La Presse et nos Contingents

Les marins de SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON à Cherbourg. Il y a un mois, les mobilisés de Saint-Pierre-et-Miquelon, les hommes valides de vingt à quarante-deux ans, débarquaient au havre, au nombre de plusieurs centaines.

Ils étaient préparés « au grand départ » par une retraite pieusement suivie et couronnée par la communion de tous; dans les trois îles, la veille de l’embarquement, des chants patriotiques retentirent sous les voûtes des églises, pavoisées aux couleurs du Pape, de la France et des alliés.

Pas un ne manquait à l’appel. Ils auraient pu, cependant faire observer que leur présence était absolument nécessaire dans la colonie si cruellement éprouvée depuis quelques années, et que personne ne pouvait les remplacer dans le dur métier de la pêche à la morue, seule ressource du pays. Ils auraient pu aussi faire valoir que leur existence est plus douloureuse que partout ailleurs, sur ces roches stériles, sans soleil et sans verdure et que la plus horrible angoisse de la guerre plane sur leurs foyers à l’état permanent, même en temps de paix; je veux dire: la mort avec cette cruelle aggravation de ne pas connaître où et dans quelles circonstances a péri celui que l’on aimait et de ne pouvoir ni pleurer ni prier sur sa tombe. Mais ces braves gens n’ont écouté que leur patriotisme.

Et les voilà actuellement, pour la plupart, à Cherbourg, dans les casernes de la marine et de l’infanterie coloniale, pleins de courage, mais désorientés et fortement éprouvés, comme des arbres déracinés et brusquement transplantés loin du sol natal.

Monseigneur Légasse le Préfet apostolique de Saint-Pierre-et-Miquelon, qui se trouvait à Bayonne quand ses fidèles sont arrivés en France, est accouru auprès d’eux avec les encouragements et des félicitations.

Après les avoir longuement visités dans leur caserne, il les a beaucoup encouragés; tous pleuraient de joie, mais d’une joie mélancolique… à la pensée de ceux qu’ils avaient laissés bien loin, dans la tristesse et la plus profonde détresse.

La Croix du 24 mars 1915.

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