Histoire des îles St Pierre et Miquelon

2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

Histoire des îles St Pierre et Miquelon - 2900 documents: traités, cartographie, toponymie, archives, sources primaires, études, recherches, éphémérides.

1796 – La destruction de Saint-Pierre par l’Amiral Joseph de Richery

BIOGRAPHIE UNIVERSELLE,
ANCIENNE ET MODERNE, 1824

RICHERY ( JOSEPH DE ), naquit à Alonï ( Basses-Alpes ) le i3 septembre 1757. Ses parents, qui le destinaient à la marine, le firent embarquer di’s l’âge de neuf ans. Il navigua, comme mousse, surdivers bâtiments, jusqu’en 1774 qu’il fut fait élève. Il passa , en 1777, en qualité de garde du pavillon, sur le vaisseau le Fantasque. Nommé enseigne, l’année suivante, il fut embarqué sur l’Hector, avec lequel il fit la campagne de l’Amérique-Septentrionale : il se distingua d’une manière particulière à l’attaque de Ncwport , en détournant les brûlots que les Anglais avaient dirigés contre l’escadre française lorsqu’elle força l’entrée de ce port. En 1781, Richery s’embarqua sur le Vengeur, qui faisait partie de l’escadre aux ordres du bailli de Suffren; il l’accompagna dans sa glorieuse campagne de l’Inde, participa aux six combats que cet amiral livra successivement aux Anglais dans ces mers, ainsi qu’au siège et à la prise de Trinquemalai; et lorsque ce vaisseau fit naufrage, en 1785, à l’île Bourbon, Richery fut chargé d’opérer le sauvetage des objets qu’il contenait, et de ramener l’équipage à l’île de France. Le zèle qu’il déploya dans cette circonstance, lui mérita le commandement de la flûte le Marquis de Castries ; et pendant les cinq ans qu’il mm manda ce bâtiment , il remplit diverses missions dans les mers d’Asie et de Chine , aux côtes de Tunquin et de Cochinchine. A son retour de celte campagne, il remit au ministre de la marine , des cartes, des plans, et des mémoires aussi détaillés qu’instructifs sur les divers parages qu’il avait parcourus. Promu au grade de lieutenant en 1789, il fit encore trois campagnes dans l’Iode sur divers bâtiments. Ayant été nommé capitaine de vaisseau, en 1793, il prit le commandement de la Bretagne qu’il conserva jusqu’en 1794. A cette époque Richery fut destitué comme noble ; mais, ayant été réintégré quelques mois après, il fut élevé au grade de contre-amiral, et envoyé à Toulon, pour y prendre le commandement d’une escadre composée de six vaisseaux et trois frégates. Il mit i la voile le 14 septembre 1795, inversa la Méditerranée, et passa le détroit sans qu’il lui arrivât rien de remarquable. Le 7 octobre, étant à vingt – cinq lieues dans le N. 0. du cap Saint-Vincent, il eut connaissance d’un convoi nombreux : c’était celui du Levant qui se dirigeait vers l’Angleterre, escorté par trois vaisseaux et plusieurs frégates. Richery s’attacha à la poursuite des bâtiments de guerre, et fit signala ses frégates de chasscr le convoi. L’escorte, trop faible pour résister aux six vaisseaux français, se couvrit de voiles, et prit la fuite, mais le vaisseau le Censeur ayant été joint, fut forcé de se rendre. Les frégates, de leur côté, amarinèrent environ trente bâtiments richement chargés. Richery conduisit le Censeur, ainsi que ses prises à Cadix, où elles furent vendues, et le produit réparti entre les équipages.

Il appareilla de ce port dans les premiers jours du mois d’août 1796, en même temps que l’armée espagnole, commandée par les amiraux Solano et Langara, qu’il accompagna jusqu’à près de cent lieues au large. En les quittant, il fit route pour l’Amérique-Septentrionale où il avait ordre de se rendre. Le but de cette expédition était de détruire tous les établissements de pêche anglais sur les côtes de Terre-Neuve et du Labrador. Arrivé, le 28 août, sur le grand banc de Terre-Neuve, il s’empara d’environ quatre-vingts bâtiments, qu’il coula ou détruisit après en avoir retiré les objets les plus précieux. Il passa ensuite dans la baie de Bull (île de Terre-Neuve), prit tous les bâtiments qu’il y trouva, et ruina tous les établissements anglais. Eu même temps, il détacha de son escadre deux vaisseaux et une frégate, sous les ordres du capitaine Allemand, pour aller faire la même opération sur la côte du Labrador. Avec le reste de ses vaisseaux, Richery se porta sur les îles de Saint Pierre et Miquelon, où il ruina également tout ce qu’il y avait d’établissements de pêche. Le résultat de ces opérations combinées, sur les côtes de Terre-Neuve et du Labrador, fut la destruction de diverses possessions très importantes, et la prise de plus de cent bâtiments coulés ou brûlés.

Après cette expédition, l’amiral Richery ramena son escadre à Rochefort, où il entra le 5 novembre 1796. Bloqué dans ce port par une armée anglaise, il parvint cependant à en sortir, et arriva, le 12 décembre, à Brest, assez à temps pour faire partie de l’expédition dirigée contre l’Irlande, et dans laquelle il commanda une division ayant son pavillon sur le Pégase. On sait quel l’ut le résultat de cette expédition, dont les Anglais eux mêmes ont dit que l’Irlande avait été sauvée par les éléments seuls. A son retour à Brest, Richery, dont la santé avait été altérée par les fatigues, obtint un congé. Il se rendit à Alons pour y respirer l’air natal; mais sa maladie ayant prit un caractère plus grave , il mourut an mois de mars 1799. L’amiral Richery était un des officiers les plus distingués de son temps, et il réunissait à une grande bravoure une activité singulière. H—Q—w.

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